‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 183 sur 251 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

LORD FINGALL.

Puis donc que mon avis est tout conforme au vôtre, Altesse, — et j'en suis fier ! — que d'un moment à l'autre On peut partir, je dois, dans ce cas, sans retard, Faire ma ronde et bien ordonner le départ, Former les corps d'armée et choisir l'avant-garde.

LE PRINCE

Oui. Je me fie à vous, et ce soin vous regarde; Car je vous ai choisi pour premier lieutenant Et je m'en félicite encore maintenant.

En un mot, pour ce soir, tenez prête l'armée.

Le congédiant d'un geste gracieux.

Allez.

Lord Fingall sort. Le Prince s'adresse au marquis.

Eh bien, la cour de France est informée De nos succès, marquis ! Aurons-nous son concours?'

LE MARQUIS

Altesse, on me promet... on me promet toujours... Et, sans les embarras si graves où nous sommes...

La France m'a donné vingt de ses gentilshommes ; C'est beaucoup. Je lui dois un grand remerciement. Vingt Français dévoués valent un régiment. . .

296 LES JAf.OBITES.

Se tournant vers les chefs des Hautes-Terres.

Et puis vous êtes là, mes loups de la montagne ! Vous voyez ! j'ai repris, pour rentrer en campagne, Le costume de mes soldats, de mes héros, La toque à plume d'aigle et le plaid à carreaux . Car je vous vis charger, ô fils de bonne race ! En habit de tartan, les dragons à cuirasse, Et marcher aux canons en boucliers de cuir. Or, nous verrons encor les ennemis s'enfuir, Et, comme cette fois il faut qu'on les rattrape, J'ai pris ce leste habit pour mieux doubler l'étape.

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