‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 227 sur 251 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

Et dont la loyauté protège encor ma fuite,

Je l'abandonnerais ! . . . Non ! je me dois à lui ! . . .

Ecosse ! le destin nous trahit aujourd'hui,

Et je fuis ; mais, avec un chardon de tes grèves,

J'emporte mon espoir et garde mes beaux rùves,

Pour te prouver un jour, spectre aux navrants regards,

Que la fatalité pesant sur les Stuarts

N'existe plus; qu'un fils de la race royale,

Grâce au sang pur versé par l'Ecosse loyale,

A lavé le vieux crime et les anciens remords;

Que je rapporte aux fils des vaincus et des morts

Le rameau d'olivier, comme fit la colombe,

Et que tu peux dormir, Roi vengé, dans ta tombe !

Le Prince s'accoude et tombe dans une rêverie profonde. Pendant les derniers mots qu'il a prononcés, Joé est entré, regardant quelque chose qu'il porte caché dans un pan de sa blouse, et n'a point fait attention au Prince.

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