SCÈNE III LE PRINCE, ANGUS, MARIE
LE PRINCE, sans voir le groupe formé par Angus et Marie.
Duncan s'en est allé, seul, à la découverte... Je ne pouvais marcher...
Il s'assied.
Que la côte est déserte ! . . .
La nuit tombe; la mer, au loin, monte avec bruit, Et lèvent s'est levé... J'aurai froid cette nuit... J'ai la fièvre... Toujours, comme avec des tenailles, La faim, l'horrible faim déchire mes entrailles!... Oh ! dormir!... Oui, cherchons un coin pour m'y coucher
Apercevant Angus.
Mais, là... Que vois-je? Un homme... assis sur ce rocher.. Fuyons ! Tout est à craindre. . .
Regardant encore l'aveugle.
Il se lient immobile.
38i LES JACOBITES.
C'est un vieillard, d'aspect misérable et débile... J'ai peur d'un pauvre vieux, à présent!... Que j'ai faim ! Mais cet homme. . . peut-être a-t-il un peu de pain? Si je lui demandais. . . 0 Dieu ! ceux de ma race Sur l'Ecosse ont régné des siècles par ta grâce... Si vous gardez au ciel un peu d'orgueil humain, Rougissez, ô Stuarts! votre fils tend la main!
S'approcliant d'Angus et parlant à voix haute.
Vieillard!...
A N G U S, surpris.
Que me veut-on?
LE PRINCE
Tu vois mes traits livides Et mon corps demi-nu sous ces haillons sordides... Tu vois en quel état m'a mis la pauvreté. Donne-moi donc du pain... Du pain, par charité! Du pain, au nom de Dieu qui nous juge et nous aime!
AN G US
Te voir? Je suis aveugle... Et, mendiant moi-même, Je suis sans pain.
LE PRINCE
Stuarts ! quel spectacle effrayant!
Le Prince a demandé l'aumône au mendiant.
Comme frappé d'un souvenir.