SCENE V AN G US, MARIE
MARIE
Il part!... Enfin!... Ils vont le sauver, n'est-ce pas?
Oh ! j'ai froid!... Prenez-moi, grand-père, dans vosbras!. Vous allez rester seul... Oh! quelle horrible chose!... Ce navire va faire un signal, je suppose, Quand le Prince Royal aura touché son bord... J'étouffe!... Embrassez-moi, grand-père... C'est la mort! Mourir sans le savoir tout à fait hors d'atteinte! ... 0 mon Dieu, protégez le proscrit! Vierge sainte, Je vous prieà deuxmains ! . . . Qu'ils sont lents, ces rameurs ! . Plus vite!... du courage!...
On entend un coup de canon, très proche.
Il est sauvé ! ... Je meurs !
Elle tombe, morte, dans les bras d'Angus. AN'GUS, agenouillé devant le cadavre de Marie.
Ah! morte !...
Il la baise longuement au front.
N'est-ce pas, mon Dieu, je vais la suivre!. Et bientôt ! oh ! bientôt ! ... Je ne demande à vivre Que pour l'ensevelir. . . Et voici le linceul !
11 tire de dessous ses haillons l'étoffe d'un drapeau tout déchiré.
C'est le dernier drapeau de l'Ecosse, le seul
Qu'elle n'ait pas perdu dans l'atroce bataille.
Il est taché de sang et criblé de mitraille !
C'est un haillon!... Mais c'est le linceul qu'il lui faut,