CATARINA
Mon Dieu! ce n'est qu'un peu de temps qu'on vous demande
Si vous saviez combien notre misère est grande?
Impôt sur tout... Impôt sur le vin, sur le sel...
Grâce pour mon mari, monsieur le barigel !
Il n'a jamais rien dit contre Florence... Grâce !
Il ôte son bonnet quand le gouverneur passe ;
Il n'a jamais rien fait, rien, qui pût l'offenser...
Quatre enfants ! Il a bien autre chose à penser.
Il vous paiera... plus tard... il n'avait pas d'ouvrage.
C'est un bon ouvrier, pourtant, plein de courage.
Mais si vous l'emmenez, oh ! c'est horrible ! . . . Enfin ! . . .
Nous allons, mes enfants et moi, mourir de faim !...
Au nom de la Madone !
LE BARIGEL, la repoussant durement.
Arrière donc, pleureuse!
Elle tombe sur les genoux.
LA FOULE, avec indignation.
Ah!
ERCOLE, s 'avançant vivement.
Le coquin!... Combien doit cette malheureuse?
thévtre. — m. 10
LE BARIGEL
Deux ducats.
ERCOLE
Les voici. Lâchez cet homme-là !
Catarina et son mari se jettent aux genoux d'Ercole. CATARINA.
Bon seigneur !
[ERCOLE, au barigel.
A présent, laquais du Spinola, Décampez, ou je vais ici, par Notre-Dame ! Savoir si votre dos est moins dur que votre âme. Un bâton !
RENZO, lui saisissant le bras.
Imprudent !
LE BARIGEL
Passez votre chemin Vous-même ; car sur moi si vous portiez la main, Vous n'auriez pas agi, vraiment, en homme sage.
RENZO, s'interposant.
Barigel, le seigneur arrive de voyage.
Bas, et glissant de l'argcnl dans la main du barigel.
Voici pour l'excuser.