‹ ThéâtreChapitre 109 sur 191 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

J'ai fait ce qu'on pouvait tenter humainement. Quand la Marquise sort de son appartement, J'entre, moi; j'ai les clefs de toutes les serrures; J'ai fouillé les habits, inspecté les parures, Sondé tout, feuilleté les livres, soulevé Tentures et tapis ; et je n'ai rien trouvé.

LOUYOIS.

Mais cette aventurière est donc invulnérable!...

Et pourtant, j'en suis sûr, c'est une misérable.

Nous ne savons que trop son étrange passé,

Après que son mari, Scarron, eut trépassé.

— Ce n'est que bien après qu'aux bâtards un l'attache.

Pour aller recevoir l'aumône, à Saint-Eustache,

Elle marchait alors à pied clans les ruisseaux.

Le vieux Villars, Beuvron et les trois Vïllarceaux

L'ont fait vivre ; elle avait la Lenclos pour amie :

Et rien n'a surnagé d'une telle infamie?

Allons donc î

GRISARD

Je peux dire à Monsieur le marquis Que, d'après les derniers rapports, il est acquis Qu'elle avait un amant, même avant son veuvage, Un jeune huguenot, espèce de sauvage, Citant l'Ecclésiaste et vêtu de bougran...

200 MADAME DE MMNTENON.

LOUVOIS

Cet homme s'appelait?

GRISARD

Antoine de Méran.

LOUVOIS

Et puis?

GRISARD

L'abandonnant, un jour, comme Ariane, Il est allé chercher fortune à la Guyane. Peut-être, en écrivant...

LOUVOIS, haussant les épaules.

Un voyage au long cours !

Maître sot! Si le Roi l'épouse dans huit jours!

Grisard s'incline avec un geste de découragement.

Enfin, cherchez toujours, cherchez... et du silence!

GRISARD

Maintenant, je ferai part à Votre Excellence D'un fait...

LOUVOIS

Qui la concerne?

GRISARD

Oui, — pas très important,

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