‹ ThéâtreChapitre 154 sur 191 · ACTE III, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE

HENRIETTE, vivement.

Je me dis : Le Roi n'est pas cruel; Il s'inquiète peu que je me convertisse. Mes larmes suffiront pour toucher s;i justice. Il est bon, il verra d'un indulgent regard Deux femmes l'implorant pour sauver un vieillard.

Pourtant, vous vouliez bien abjurer tout à l'heure?

HENRIETTE

Eh bien! je serai franche... Oui!... regardez, je pleure...

Mais la -conversion me sépare à jamais

— Oh! ne m'en veuillez pas! — de l'homme que j'aimais,

Et c'est cet intérêt mondain qui vous arrête? Une intrigue d'enfant, une folle amourette,... Dans un moment pareil... Vous devriez rougir!

HENRIETTE

Mon Dieu ! Si vous saviez, je pourrais vous fléchir; Cet innocent amour, mon père Ta vu naître ! Cet amant, vous devez — j'y songe — le connaître; Vous me pardonneriez, si vous saviez son nom. De grâce, laissez-moi vous dire...

MADAME DE MAIN TENON, avec dureté.

Cent fois non !

Non!... Vous abjurerez. Vous n'allez pas, j'espère. Préférer un amant aux jours de votre père ! Jurez-moi d'obéir.

HENRIETTE, à genoux.

Ayez pitié de moi !

MADAME DE MAINTENON, avec emportement.

Jurez, mais jurez donc, malheureuse!

UN PAGE, entre en annonçant:

Le Roi !

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