ACTE II
THÉODORE Tans pis pour lui... Persévère!
FRANÇOISE C'est facile à dire!...
THÉODORE Qu'est-ce qui te gêne?...
FRANÇOISE
Je ne soupçonnais pas à quel point les hommes... (Elle
se cache le visage dans les mains.)
THÉODORE
Ce pauvre Henri... Tu te le figurais donc bien myope. Te voilà stupéfaite parce qu'il s'aperçoit enfin que tu es une femme très désirable.
FRANÇOISE
Je l'aime et veux être aimée.
Tu ne l'es pas?...
FRANÇOISE Je suis surtout désirée... et en attendant...
THÉODORE, souriant,
Il te manque de respect?
FRANÇOISE
Ne riez pas, mon oncle... Cela me révolte!... Je n'ai plus un instant de repos... Du matin au soir il me persécute.
THÉODORE, avec philosophie.
Si ce n'est que du matin au soir...
FRANÇOISE
Eh bien, soyez satisfait... Encore cette nuit, j'ai été réveillée... Il secouait ma porte avec fureur... H suppliait... pleurait... criait des choses!... brutalement!
THÉODORE
Pauvre mignonne!... Pendant ce vacarme, tu devais avoir bien peur!
FRANÇOISE
Peur?... Non... pas assez... Je m'étais levée... L'oreille contre la porte... J'écoutais sa respiration... Par bonheur il s'est fâché, m'a insultée presque... puis il est parti.
THÉODORE, à mi-voix, se frottant les mains. Excellent, tout cela!... Excellent!
FRANÇOISE, qui n'a pas osé lever les yeux sur lui.
Mon oncle, puisque vous ne pouvez me protéger contre lui, défendez-moi contre moi-même. Voyez, je vous dis tout, malgré ma honte. Oui, c'est affreux, s'il revient...
THÉODORE Tu ouvriras.