‹ ThéâtreChapitre 42 sur 96 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

certes cette louange de la bouche d'vn si grand Prince, mérite bien de plus dignes recognoissances que celle-cy. le ne prétends pas aussi , MoNSEiGNEVR, m'acquitcr par vn si petit hommage, des honneurs que ie dois à Vostre Altesse : ce seroit vser d'actions de grâces trop communes, vers vne Diuinité si propice. Tespere bien de présenter quelque iour à vos Autel s des Offrandes plus receuables. Les Muses dispensatrices de la gloire, n'auront qu'à me fournir assez d'industrie pour ce beau dessein, ie m'asseure que vos illustres actions m'en donneront assez de matière. L'Ange qui veille pour le salut de la France, et qui trauaille si glorieusement pour sa prospérité, ne l'a pas encore conduite iusqu'à la grandeur où elle doit arriuer. Si la Ivstice et la Pieté', accompagnées de la VALEVR, ne promettent aux nobles projets du Roy, que des succès bien

A MONSEIGNEVR

fauorables; les limites de cet Estât s'estendront au moins aussi loin sous le Règne du Victorieux Lovis, que sous celuy de Charlemagne : Et Vostre Altesse seruira sans doute beaucoup à ce digne establissement. Soit que vous commandiez vne Armée au delà des Alpes, pour aller rechercher dans l'Italie les droicts de vos Prédécesseurs; soit qu'auec de plus grandes forces, vous alliez oster le ioug à la Grèce, pour le donner à toute TAsie, selon la voix des Oracles, Monseignevr; Vous ferez des choses plus qu'humaines, et qui feront entreprendre de beaux effets aux excellens Esprits de ce Siècle, afin de les immortaliser. Il ne faudra guère d'inuention pour donner après ces emplois, beaucoup de splendeur à l'image de vostre vie, il suffira si Ton peut représenter naïsuement les Lauriers dont vous serez couronné, le n'ay pas tellement vieilly au seruicc

LETTRE A MONSEIGN.

de VosTRE Altesse, que ie ne puisse encore espérer de voir ces progrez , et de produire mesme alors quelque Oeuure, qui rende tesmoignage de vostre Gloire, et de mon treshumble zèle à vostre seruice ; vous faisant auoûer qu'après le plaisir qu'on sent à faire de belles actions, il n'y en a point d'esgal à celuy de s'entendre louer de bonne grâce. le suis,

MONSEIGNEVR

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