‹ ThéâtreChapitre 44 sur 96 · ODE POVR · texte numérisé non relu

ODE POVR

Ce ieune et glorieux Achille A qui tant d'honneur est promis, A desia repris vne ville Fa repoussé les ennemis.

Le voila desia qui s'apreste Pour aller faire la conqueste D' vne précieuse Toison; Suiuy de cent Héros d'élite Qui ne cèdent pas en mérite A ceux qui suiuirent lason.

Poursuy, Gaston , prens vne pique, Et va combattre à coups de main Le rauissant Lion Belgique, Et le superbe Aigle Romain.

Portant tes armes inuincibles Contre des monstres si nuisibles Par qui nos champs sont désole:^; Fay sortir après tant de guerres De leurs ongles et de leurs serres Les Estais qu'ils nous ont voler^.

MONSEIGNEVR

Siiy la Victoire qui t'appelle Escartant de toy le malheur :

Et gaigne vne palme immortelle Qu'elle propose à ta valeur :

L'Artois souspire eîi sa misère Sous vne Puissance estrangere Qui le tient en captiiiité; Aujourd'huy ta fatale espée Ne peut estre mieux occupée Qu'à luy rendre sa liberté.

Milan, dont l'horrible Couleuure Nous a tant deuoré d'Enfans, Doit estre le second chef-d'œuure De tous ces exploits triomphans.

Le Pô dessus son lit humide, Prédit de toy qu'vn ieune Alcide Est sur le point de l'écorner:

Et que de ta iuste colère La Sicile aura le salaire Des Vespres qu'elle fit sonner.

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