ODE POVR
Ce ieune et glorieux Achille A qui tant d'honneur est promis, A desia repris vne ville Fa repoussé les ennemis.
Le voila desia qui s'apreste Pour aller faire la conqueste D' vne précieuse Toison; Suiuy de cent Héros d'élite Qui ne cèdent pas en mérite A ceux qui suiuirent lason.
Poursuy, Gaston , prens vne pique, Et va combattre à coups de main Le rauissant Lion Belgique, Et le superbe Aigle Romain.
Portant tes armes inuincibles Contre des monstres si nuisibles Par qui nos champs sont désole:^; Fay sortir après tant de guerres De leurs ongles et de leurs serres Les Estais qu'ils nous ont voler^.
MONSEIGNEVR
Siiy la Victoire qui t'appelle Escartant de toy le malheur :
Et gaigne vne palme immortelle Qu'elle propose à ta valeur :
L'Artois souspire eîi sa misère Sous vne Puissance estrangere Qui le tient en captiiiité; Aujourd'huy ta fatale espée Ne peut estre mieux occupée Qu'à luy rendre sa liberté.
Milan, dont l'horrible Couleuure Nous a tant deuoré d'Enfans, Doit estre le second chef-d'œuure De tous ces exploits triomphans.
Le Pô dessus son lit humide, Prédit de toy qu'vn ieune Alcide Est sur le point de l'écorner:
Et que de ta iuste colère La Sicile aura le salaire Des Vespres qu'elle fit sonner.