‹ ThéâtreChapitre 137 sur 286 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Précédents; LA COMTESSE.

LA COMTESSE. Je ne puis y tenir plus longtemps. Au nom de Dieu, dites-moi ce qui se passe.

ILLO. Les régiments nous abandonnent; le comte Piccolomini est un traître.

ACTf m, SCENE X. 17Î

LA COMTESSE. Oh ! mes pressentiments I {Elle sort préciijitnmment.)

TEiiZKY. Si l'on m'eût cru ! Vous le voyez, les étoileâ vous ont Irompé.

WALLENSTEiN se lève. Les étoiles ne mentent pas, mais ceci est contraire au cours des astres et du destin. La science est véridique, mais un cœur faux a fait mentir le ciel lui-même; les prophéties ne reposent que sur la vérité, et lorsque la nature sort de ses voies ordinaires, toute la science s'égare. Si c'était une superstition qui m'empêchait de déshonorer la nature humaine par de tels soupçons, oh ! non, jamais je ne rougirai de celte faiblesse. Il y a même dans l'instinct des animaux une sorte de religion, et le sauvage ne partage point son repas avec celui dont il va percer le sein. Tu n'as pas fait là un acte d'héroïsme, Octavio ! Ce n'est pas ta prudence qui a vaincu la mienne, c'est ton lâche cœur qui a remporté sur mon coeur ouvert un indigne triomphe. Aucun bouclier ne pouvait me garantir de ton mortel attentat; tu l'as dirigé sans pudeur sur mon sein sans défense. Contre de telles armes je ne suis qu'un enfant.

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