‹ ThéâtreChapitre 10 sur 244 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PIERRE

Peuh! pas plus que tout le monde... Elle a ses défauts et ses vertus.

MADAME HEIMAN

Et puis des idées larges... droîtesu.. tout de même particulières.

PTERRE

Une nuance entre la veuve et la vieille fille. C'est vrai, tout de même qu'elle est très dame! Ce sera plus tard la vraie dame européenne, un peu libérale, un peu ennuyeuse...

MADAME UEIMAN, riant.

Taisez-vous donc, vous êtes son meilleur ami.

PIERRE

Mais si je n'étais pas son meilleur ami, je ne me permettrais pas de parler ainsi. N'est-ce pas qu'elle a un visage délicieux, un visage qui vous saisit dès l'abord comme certains parfums... La petite aussi est intéressante... vous verrez! (ironique.) Ahl ce sont deux sœurs accomplies. Je ne sais pas ce que ça veut dire au juste, mais l'expression me plaît. Elles sont « accomplies ».

MADAME UBIMAN

Y a-t-il longtemps qu'ils s'aiment?

PIERRE

Ce détail les regarde exclusivement. S'ils s'aiment, ce doit être depuis longtemps, sinon c'est une vieille amitié qui... qui... s'achève... (Sourire.) C*est très peu intéressant.

MADAME HEIMAN

Maintenant, un conseil, Pierre. Dans notre position, Victor et moi, ne devons-nous pas...

8 L'ENCHA?»TEMENT

PIERRE, haussant les épaules.

Peuh! elle est au-dessus de ces préjugés. Allez en confiance... Et, quant à moi, il est temps que je file me coucher.

MADAME HEIMAN

Déjà?

PIERRE

Mais oui, ma chère; vous n'avez pas Tair de vous douter que je prends le paquebot demain à Bordeaux. J'en ai pour plusieurs jours de tangage.

MADAME HEIMAN

Ah bah! personne ne m'avait prévenue. Le tour du monde?

PIERRE, vague.

Un voyage de quelques mois. Je vais aller jouer aui lazzo, chez un oncle, dans l'Amérique du Sud.

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