SCÈNE IX
Les MÊMES, PIERRE, JEANNINE.
Toi, arrive ici... ma petite ! hop! (ii la pousse brutalement devant lui.) Écoutc-moi bien... attentivement.
ISABELLE, pleurant..
Écoute-le, Jeannine! Écoule-le!
GEORGES
Nous allons nous séparer, puisq.ue vous Tavez voulu, puisqu'il le faut. Tu vas donc partir... Où que tu ailles,
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— retiens ce que je te dis là, enferme chaque parole avec soin dans la mémoire, — où que tu ailles, plus de sottise!... Sache ceci : que lu ne commets rien de mal en m'aimant. Laisse vivre en toi cet amour, librement, sans contrainte, sans chercher à en guérir!... Laisse-le chanter ou pleurer à sa guise, mon enfant... Ne te presse pas de ne plus m'aimer... Puise dans cette épreuve le courage même de vivre et de devenir une femme!... Bientôt peut-être, un jour, nous sentirons que nous pouvons nous rapprocher, 1 1 nous reviendrons... Ce jour-là, il n'y aura plus de petite Jeannine. Il n'y a plus de petite Jeannine!... Jure que tu vivras pour moi, pour elle, (ii montre Isabelle.) Plus de sottiscs jamais, n'est-ce pas?.., ou je te tire les oreilles!... Et il faut que tu saches ceci,. c'est cela que je voulais te dire et qu'il faut que ta^œur entende: Du fond du cœur, je le plains, et je te prie de me pardonner le mal que je te cause involonlairement... Ne te demande jamais de quel nom se nomme le sentiment que j'éprouverai, là-bas, pour toi... et qu'importent les noms!... Il n'a de nom dans aucun langage humain, Jeannine! Et je te remercie de ton amour, mon petit!... Et, pour cela, ce baiser que tu me demandais tout à l'heure, Isabelle va permettre que je te le donne maintenant, du fond de mon cœur. N'est-ce pas, Isabelle, que tu permets que je l'embrasse?
ISABELLE, faiblement, sans conviction.
Oui.
GEORGES, embrasse Jeannine au front.
Allons, Jeannine î... j'attends de toi mieux qu'un serment. Disque tu es décidée à partir courageusement!...
(Jeannine ne répond rien.) Eh bien, tU hésitCS?... Tu ne VCUX pas répondre? (Jeannine va tomber en sauglotant sur le canapé.)
Bien!... à ta guise!... Prenez-le comme vous voudrez, je vous avertis seulement, toutes deux, que ma résolution