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ACTE PREMIER II

un vieux pleur de vieux garçon qui çrogne contre des habitudes dérangées... oh! sans quoi! vous m'avez donné Texemple de la sagesse... Vous êles une femme parfaite et sans faiblesse. Un beau jour, vous avez choisi entre vos intimes l'homme qui paraissait le plus propre à vous rendre heureuse et votre choix fut longuement médité! Vous avez exclu celui qui vous aimait « le trop »... Vous passerez ainsi, bien calme, de l'amitié à Tamour. Et c'est pourquoi je vous quitte sans autre regret que celui de quelques habitudes chiffonnées.

ISABELLE

Ah ! Pierre ! Pierre ! vous ne serez jamais sage 1

' PIERRE

Tout le monde ne le peut pas... Enfin, vous, vous serez heureuse... Tout compte fait, votre vie promet Tiendra-t-elle?

ISABELLE

J'espère.

(Leurs yeux se fixent dans la lumière brusque d'une lampe.) PIERRE

Vous avez raison, il fallait garder vos yeux des lumières trop vives; ils étaient peut-être bien faibles pour les supporter.

ISABELLE

Que voulez- vous! Je me résignerai à l'abat-jour.

PIERRE, la regardant.

Oui, votre visage n'en sera pas moins joliment éclairé.

Allons, allons... c'est cette stupide musique qui vous rend mélancolique.

PIERRE

Peut-êlre. Mais que vous ne vous trompiez pas sur celte mélancolie... Elle est doucement méprisante et orgueilleuse, Isabelle. On ne pleure dans la musique que des bonheurs médiocres — et qu'on ne devrait même pas regretter!

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