SCÈNE IV IRÈNE, RICHARD, seuls
IRÈNE
Vraiment, je ne te comprends pas... Je ne suis pas fâchée d'avoir envoyé Georget en avant, pour avoir l'occasion de te dire que ton attitude vis-à-vis de ton ami est tout à* fait inconvenante. On n'a pas idée d'être ours à ce point!... Enfin, voilà un garçon qui vient
nous voir exprès, et se. déplace tous les jours de Trou- Ville pour nous tenir compagnie... en somme, c'est très gentil; et tu le traites avec un sans souci extraordinaire ! îl entre, il sort, c'est pour toi comme s'il n'existait pas... Il finira par se froisser.
RICHARD, les joues empourprées.
Tu crois?
IRÈNE
J'en suis sûre. Et l'on se froisserait à moins. 11 est possible que la présence de votre camarade vous ennuie, soit; mais laissez-le moins paraître, que diable !... • Avez-vous eu des dissentiments ensemble? Non, n'estce pas?
RICUARD
Aucun.
IRÈNE
Eh bien alors, par égard pour nous tous, je te prie désormais de mieux recevoir tes amis.
RICUARDj se contenant.
C'est à moi que tu parles de la sorte?
IRÈNE
A qui voudrais-tu que ce soit? Simple remontrance domestique dont je te prie de tenir compte, voilà tout.
RICHARD, avalant sa rage, les yeux ardents, et un petit rire nerveux aux lèvres.
Tu exagères, je crois...
IRÈNE
Du tout.
RICHARD
Si, si, tu es très nerveuse depuis quelque temps; le premier air de la campagne te met trop de joie en tête... C'est ton excuse. Et pour que tu en arrives à