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ACTE TROISIÈME

MISS DEAGON

Ce que je préfère, ce sont les guirlandes mauves.

GEORGET

Seulement, elles vont se faner tout de suite.

IKENE, entraînant vers la droite madame Ledoux.

Remontrez moi vos échantillons, voulez-vous.

GEORGET, bas à miss Deacon qui tient une rose entre ses dents.

Le petit lapin va me donner la rose qu'il mâchonne.

Miss DEACON

Prenez-la.

GEORGET

Ce n'est pas commode.

MISS DEACON

Prenez-la comme il me plaît que vous la preniez.

(Elle va se placer derrière Irène qui déplie sur ses genoux un des échantillons.)

Oh ! elles sont jolies, ces petites choses bleues, verles, rouges...

IRÈNE

N'est-ce pas? C'est tout un petit rêve.

(Elle laisse tomber la rose sur les genoux d'Irène. Il y a un mouvement d'hésitation. Georget hésite à la prendre. La rose reste une seconde sur les genoux d'Irène.)

GEORGET

Oh! pardon...

(Il ramasse finalement la rose et la fourre dans la poche de Fon veston.)

MISS DEACON, vivement.

Monsieur de Chambry ne s'intéresse pas aux choses artistiques. Regardez comme ils sont curieux, ces dessins.

312 MiMAN COLIBRI

Je les ai déjà vus.

IRENE, pâle, leur passant les étoffes.

Pas assez... pas assez... (Elle remonte brusquement vers la fenêtre en entraînant madame Ledoux.) Tenez... veneZ VOir, madame Ledoux... Je vais vous expliquer, d'après ce que j'ai lu dans le journal, ce qui va se passer... Ici, vous voyez, elle va décrire un cercle, et juste à côté de cette petite étoile toute petite, alors...

MADAME LEDOUX

Ahl oui... celle qu'on voit à peine?...

(Elles sont toutes doux de dos à Georget et à miss Deacon.) IRENE, bas à madame Ledoux, sans se retourner.

Admirez comme mon visage n'a pas sourcillé... Et ce sera toujours pareil... toujours... je le jure par ce beau ciel... Ainsi, en ce moment, savez-vous ce qu'ils font? Voulez-vous que je vous le dise ?

MADAME LEDOUX

Oui.

(Georget et Miss Deacon se font des signes.) IRENE, toujours sans se retourner, pointant son doigt vers le ciel.

Mais paraissez vivement intéressée parla lune... Ils se regardent longuement .. sans rien dire... ils se pressenties mains, avec la peur, la délicieuse peur de moi... je le sens, j'en suis sûre... Ils font comme nous faisions, Georges et moi autrefois. C'est leur tour maintenant!... c'est de moi, maintenant, qu'on se cache...

(Georges ot Miss Deacon se sont rapprochés l'un de l'autre et se prennent

la main.) Je souffrel... Je sens mes jambes flageoler et quelque chose de lourd qui m'étreint et qui fait si mal... si mal... Eh bien, je vais me retourner lentement, naturellement, en leur laissant tout le temps

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