SCÈNE VIII IRÈNE, MADAME LEDOUX, GEORGET
IRENE, à madanra L«doax.
Elle est charmante, n'est-ce pas? Si, si... elle est charmante... Comme c'est calme l'amour chez ces êtres là! Hem'eux, heureux printemps!
GEORGET, redescendant.
Fourbu!... Je tombe de sommeil. J'ai eu des corvées de fourrage aujourd'hui. Je ne sais pas, d'ailleurs, si je la verrai, teette éclipse. Il faut que je sois au quartier à minuit et demi, si je ne veux pas encore me faire attraper.
Etends- toi là, mon chéri... repose-toi un peu.
MADAME LEDOUX, se levant.
Moi, je n'ai que le temps de ramener mes deux petites au dortoir !
GEORGET
Elles sont à jouer avec les bonnes...
(11 s'étend sur le divan près de la fenêtre ouverte.) MADAME LEDOUX, à Irène.
Ne VOUS dérangez pas... Je reviendrai demain...
IRÈNE
Oui... demain! C'est un beau jour...
MADAME LEDOUX
Vous verrez...j'aimille bonnes raisons à vous donner.
IRÈNE
Donnez-les vite, alors... car le matin ne doit pas être
bien loin où vous recevrez ma carte avec les trois petites lettres fatales P. P. C.
MADAME LEDOUX, lui serrant la main avec effusion.
Ne dites donc pas de sottises ! Sentez-vous, au moins, comme je vous aime, combien vous m'intéressez?...
IRÈNE
Ce sera plus tard, un bien très précieux pour moi de me le rappeler... Lorsque j'aurai besoin d'attendrissement, je penserai à vous.
Tout cela est désolant!
IHÈNE
Non pas. Ce sont les heures les plus cruelles, mais les plus belles de la vie. Un souvenir réussi, c'est souvent, pour les femmes, avoir su faire un chef-d'œuvre... A demain encore, madame Ledoux.