‹ ThéâtreChapitre 48 sur 244 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ISABELLE

Je ne sais si cela lui convient... Veux-tu venir en

voiture, à cinq heures, avec nous? (Elle se retourne en s'adressant à Jeannine. Jeannine est depuis la commencement de la scène, perdue dans la contemplation béate de Georges ; elle ne le quitte pas des yeux. £n ce moment elle a la bouche grande ouverte et n'entend absolument rien. — Reprenant à voix basse :) Jeannine?

MADAME HEIMAN, comblant habilement le silence.

Ah ! l'eau déborde!... prenez garde !

ISABELLE

Mais non, elle ne déborde pas.

MADAME DEIMAN

-Ahj je croyais. Connaissez- vous le petit bois .des Cheminières, à trois kilomètres d'ici ? Comment, vous ne Tavez jamais visité? Cest exquis, ma chère... il faut. absolument que vous voyiez ça.. Pour une fois que je vous liens, je ne vous lâche pas. Nous irons tout à l'heure. •

ISABELLE

Quoi? Si vous voulez... ça m'est égal.

MADAME DEIMAN, à Georges.

Que faites-vous là-bas ?

GEORGES

J'arrange le collier de Neyt qui est détraqué... Elle perd tout le temps son collier, cette bête!... Allons bon !... Où ai-je mis le tournevis, maintenant?

JEANNINE, se précipitant de son pouf.

Le voilai

- l (Elle a tout 4e suite trouvé le tournevis et le porte à Georges.) GEORGES

Ah I merci, merci, (ii dépose son cigare et siffle.) Neyt î Neytl

JEANNINE

Elle n'est pas là ; elle doit être dehors.

GEORGES, appelant plus fort.

Neyt ! Neyt I

JEANNINE, va vite à la porte du perron, siffle et fait des gestes.

Allons, arrivez ici, tout de suite !

(^Elle prend le petit chien dans ses. bras et le dépose sur les genoux de Georges.)

Ah!... on va vous mettre votre beau collier... »al« béte... sale chien... Et ne m'embrassez pas surtout! Allons, debout... sur votre derrière!... Eh bien, eh bien... ce n'est pas la peine de me mettre en quatre pour vous... Voulez-vous bien !...

JEANNINE, riant.

Vous lui dites toujours des méchancetés, ce n'est pas étonnant si elle vous désobéit... Je vais lui tenir le cou.

GEORGES

C'est ça, allons... (Jaannine rit en essayant de Vettnir Neyt sur les genoux de Georges.) Je VOUS ai pincéC !

JEANMNE

Non, ce n'est rien !

GEORGES

Si, je VOUS ai pincée !

ISABELLE, qui les regarde, interrompant tout à coup :

Voyons, Jeannine ! laisse donc ce chien une minute... il est insupportable, on le trouve partout... Il n'y a que lui dans la maison.

JEANNINE

Mais on arrange son collier.

Page 1