SCÈNE V
MADAME HEIMAN, ISABELLE, puis GEORGES
MADAME nEIMAN
Ah ! ma chère amie, je ne suis pas fâchée que Tocca- «ion se présente, — si vous m'en donnez la permission toutefois, — de causer un peu librement. Depuis q;uinze jours que je me suis installée chez moi, j'ai craint beaucoup d'être indiscrète, et je me suis tenue à l'écart, vous avez dû voir avec quelle réserve!
ISABELLE, d'uQ air candide.
Vous auriez pu venir plus souvent, autant que vous . auriez voulu.
MADAME DEIMAN
Nous n'avons échangé que des paroles volontairement Indifférentes, par-dessus les haies... Alors, dites?... Comment cela va-t-il ici, depuis ces deux mois?
ISABELLE
Mais très bien, très bien, très bien.
(Isabelle feuillette un livre.) MADAME UEIMAN.
Ah! j'avais cru... j'avais cru vous sentir encore en proie à des inquiétudes, des transes...
ISABELLE
Pourquoi? Parce que je vous ai envoyée à la re-
cherche de Jeannine?... Simple formalité... Tout va très bie'n, très bien...
MADAME HEIMAN
Vous me rassurez! Je suis bien contente.. C'est curieux comme on se trompe! Il m'avait semblé per* cevoir...
ISABELLE
Quoi?
MADAME HEIMAN, coup d'œil malin.
hl une atmosphère générale... un je ne sais quoi dans la conversation.
ISABELLE
Vous vous trompiez... Tout va à merveille, je vous , le répète. •> tout est pour le mieux.
MADAME HEIMAN
Alors, Jeannine?
ISABELLE
Jeannine est parfaite, Georges est parfait, j'ai lieu d'être pleinement satisfaite.
MADAME HEIMAN
Je pensais bien que cette petite crise d'enfance se dissoudrait d'elle-même au beau soleil!... Et vous? Comment avez-vous supporté une situation, en soinme bien... pénible, bien difficile?
ISABELLE
Comme vous le voyez.
Vous avez été si courageuse! Ahl peu de fenimes auraient eu votre énergie! Votre mine d'ailleurs laisse