ACTE TROISIEME lOj
importantes à me révéler, qiâe vous ne pouviez pas me les confier devant votre sœur, et ce n'était pas vrai. Vous n'aviez rien d'important du tout.
JEANMNE
Pour vous.
GEORGES
Et j'ai été obligé de mentir à votre sœur. Je n'aime pas beaucoup ça !
JEANNIXE
Puisqu'il paraît que vous lui dites tout, vous n'avez qu'à le lui dire.
GEORGES
Reprochez-le-moi donc.
JEANNINE
Non, c'est vrai, je vous remercie.
GEORGES
Mais je ne veux pas que pareille chose se renouvelle. Ça nous crée des airs de confidence que je réprouve. Vous^ savez quelles sont nos conventions à tous les trois? Très sérieusement, j'ai à vous gronder. C'est comme cette histoire de paillier l'autre soir... quand nous sommes allés nous étendre tous les trois après dîner... Isabelle peut très bien nous avoir vus. J'étais très embarrassé.
JEANNINE, riant.
Je le sais bien.
GEORGES
Oui... Alors, si c'est un jeu, il est temps d'enrayer.
JEANMNE
C'était si bon, l'autre soir! J'ai bien mis cinq minutes à faire ramper ma main sous la paille, pour atteindre 1 1 vôtre, sans que ni vous ni Isabelle ne me voyiez. Puis, quand j'ai saisi le bout de vos doigts, j'ai serré, serré
de toutes mes forces! Vots ne pouviez plus bouger. Il aurait fallu qu'Isabelle voie, pour retirer votre main, et alors... je sentais tout doucement mon bras s'engourdir sous la paille... et, comme ça, sous la lune, avec Todeur d'une grosse rose qui était à mon corsage... c'était si bon!... Et, taisez-vous, je vous ai été si reconnaissante que vous ne retiriez pas votre main î...
GEORGES
Pas du tout. Ma lâcheté vient de ce que je ne pouvais pas faire un mouvement sans appeler 1 attention. d'Isabelle... Et notre vie est assez compliquée comme elle est!...
JEANNINE
Laissez-moi croire au moins que c'était un peu pour moi.
Et puis ce sont des sortes de situations parfaitement grotesques !
JEANNINE
. Faites-m'en donc des reproches! Ça vous va bien !
GEORGES
Je sais... Enfin, je prétends que ces scènes ne se renouvellent plus. Évitons de nous trouver seuls, le plus possible. Il le faut. Maintenant, je sens qu'il le faut. Devant votre sœur, au contraire, tout ce que vous.. .
JEANNINE
Tout ce que je voudrai. Vous êtes bien aimable !
GEORGES
Comprenez donc.
' JEANNINE
Et moi?... Est-ce que vous pensez à moi? C'est bien... je me tairai... je me tairai complètement, par exemple, car vous ne voudriez pas tout de même que je raconte