‹ ThéâtreChapitre 89 sur 244 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

VICTOR

Tudieu! mon cher, quelle verve!

GEORGES, réprimant vile un geste.

Oh! puis je di's ça! c'est histoire de rire un peu, parce que j'en al besoin, et parce que ça me fait plaisir de te voir, mais au fond de cette histoire... il y a de vraies larmes et de vrais chagrins. Je n*en perds aucun.

VICTOR

Ah! ça voyons... Est-ce que la femme?...

GEORGES, Finterrompt brasquement en lui frappant sur Tépaule.

Ah! non, non! Tout ce que tu voudras... mais pas d'explications .. pas ça! Je bavarde, pour me débonder. Tout ce que je réclame de toi, c'est de me montrer ta bonne grosse figure de camarade... je te Tai dit, je ne suis pas difficile!... rien que de t'avoir vu, j'en ai pour plusieurs jours à être remonté. Mais voilà tout!... Les explications, c'est pour les femmes... Au travail! Ainsi, pour le moment, mon travail c'est douze plaques à développer. Je vais te demander la permission d'entrer dans le cabinet noir. Tu peux rester là, d'ailleurs.

VICTOR

- Mais non, je te remercie... Je vais chercher Odette à la maison, si on lit.

(•EORGES, prenant l'appareil et le balançant lentement dans Tair.

Et puis, mon vieux, il y a Montaigne dans un coin... Un petit chapitre, de temps en temps, qui ne vous fait pas de mal, une bonne pipe, et Ton se dit, qu'après tout, il faut savoir s'arranger, et que lâcher de faire le moins de mal possible, c'est encore la vraie définition de ce mot un peu emphatique (Un temps) mais beau tout

de même ^un temps) la bonlé... Parlons d'autre chose, veux-tu ?

vie I OR

Je n'ai pas besoin de l'assurer que je me mets à ton entière disposition, ne serait-ce que pour te tenir compagnie, chasser, canoter, pécher, le peu de temps que je passerai ici...

GEORGES, allant à la porte du cabinet noir.

Merci, je connais ton amitié. Tu permets?...

VICTOR

Fais. Je vais chercher Odette.

GEORGES

Attends donc, j'en ai pour une minute; je vais mettre les clichés dans le bain. Je ne t'ai rien demandé de toi. Alors, ça va? tu es ici pour quelques jours?...

VICTOR

Je repars après-demain.

GEORGES

Si tôt? Et les affaires?

VICTOR

Bah! couçi-couça...

GEORGES

Une seconde... je ferme la porte. Tu as les journaux là.

VICTOR

Merci.

(Resté seul, il s'assied et prend un journal.) LA VOIX DE GEORGES, à travers la porte du cabinet

Alors, lu pars après demain?

VICTOR

Je te l'ai déjà dit.

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