‹ Théâtre impossibleChapitre 158 sur 201 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

LE KOI

Et les paroles, monsieur, les paroles! Un vrai chef-d’œuvre de précision! ( Fredonnant .)

Mais nos deux bouches sont, ma foi !

Trop loin l’une de l’autre !

Embrasse-moi !

( A part.) Je chanterais encore, si je voulais. le prince, reprenant le refrain.

Embrasse-moi !

C’est permis?

SCHNAPS

C’est recommandé, monseigneur.

LE ROI

C’est commandé, mon fils.

FUCHS

Je ne l’aurais jamais cru!

reppel, dans la coulisse.

Tu m’appartiens, de par la loi!

Ce grand lit est le nôtre.

Deux oreillers! c’est trop, ma foi!

J’en ôte un, dors sur l’autre Auprès de moi !

LE ROI

Bravo ! (Chantant.)

Auprès de moi !

L’ÉDUCATION D’UN PRINCE

LE PRINCE

Quoi! mon père?

LE ROI. ’

Oui, mon fils! Et comprenez-vous maintenant la sottise que vous avez faite? Brave homme «1e musicien! Il faut que je lui jette quelque chose ! (Il s’approche de la fenêtre .) Non, il est vêtu comme un gentilhomme. Un grand feutre enfoncé sur les yeux, le manteau relevé par la rapière. Mais pourquoi s’est-il placé sous les fenêtres de la princesse ?

reppel, dans la coulisse.

Nous sommes deux ; c’est trop , je crois ,

Pour l’un comme pour l'autre.

Ne soyons qu’un ! Dans quelques mois ,

Quel bonheur est le nôtre!

Nous serons trois !

LE ROI

Bien dit! Vous serez trois! Et moi, je serai grand-père. Ah ! mon fils ! ( Apercevant un valet qui entre par la porte du fond.) Que veux-tu, toi? (Le domestique lui présente une lettre sur un plateau.) C’est pour vous, prince.

le prince, ouvrant la lettre.

Écriture inconnue ; billet anonyme ; orthographe sauvage. (Usant.) « Monseigneur, on vous

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