TOUS
Comment !
GUILLERY
Mes amis, car vous êtes mes amis, et rien de plus, j’ai reconnu ce matin la vanité de toutes les choses de ce monde , excepté le rire , le boire et le manger. Buvons, rions, mangeons et soucions-nous du reste comme du soupir d’un âne mort !
Qu’est-ce qui vous est arrivé , Guillery ?
guillery, avec une emphase comique.
Ah ! Madame, c’est une bien courte et bien lamentable histoire. J’ai fait un songe. Je m’avançais , hardi chasseur, dans les âpres sentiers de la vie. Deux cœurs , deux jeunes cœurs, viennent voler étourdiment à ma portée. Je vise en tremblant, et je les vois, percés d’un même trait, rouler ensemble à mes pieds. C’était un beau rêve, n’est-ce pas? mais le réveil fut cruel !
GUILLEMETTE
Aussi, pourquoi vous avisez-vous?...
GUILLERY
Je sais ce que vous allez me dire, mais il
GUILLERY
n’est plus temps ; le mal est fait. Je suis tombé de trop haut pour jamais me relever. On a flétri mes illusions! Buvons, c’est le plus sûr; le vin n’a jamais trompé personne.
isabeau , bas à Guillery.
Vous êtes une double bête.
GUILLERY, haut.
Je suis peut-être une bête qui y voit double. guillemette , b as à Guillery.
Guillery, vous me faites de la peine.
guillery, haut.
Et moi , suis-je donc sur un lit de roses ?
monocorde , pleurant.
Pauvre Guillery !
GUILLERY
Tues bon, Monocorde, parce que tu es heureux. Tout à l’heure encore je te contemplais avec un sentiment d’envie. Qu’est-ce qui te manque ? tu es jeune , tu es beau , tu as de l’esprit , tu es aimé. Oui , tu es aimé , je le sais, on me l’a dit, on te l’a avoué à toi-même. Fasse le ciel que celle qui t’aime et qui m’entend comprenne tout le prix d’une âme comme la tienne !
guillemette , bas à Guillery ,
Guillery, j’ai à vous parler.