‹ Théâtre impossibleChapitre 3 sur 201 · ACTE I, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE

GUILLEMETTE

Pardonnez : je me dis que c’est un homme , qu’il est à moi, et que je n’en ai pas d’autre. Est-ce de l’amour, cela?...

isabeau, d'un ton convaincu.

Le véritable 'amour conjugal. Moi, j’adore M. Truphême par raison. Yoyez-vous cette dentelle?...

GUILLEMETTE

Elle est belle.

ISABEAU

Elle me répète à chaque instant que je dois aimer mon mari. Qui est-ce qui nous donne les dentelles? Nos maris. Les galants ne sont bons qu’à les déchirer.

GUILLEMETTE

Nous sommes de bonnes femmes.

ISABEAU

Nous aimons nos maris.

GUILLEMETTE

Ils sont bien heureux de nous avoir. Votre M. Truphême est gourmand comme le chat d’un évêque : un bon repas est un aimant auquel il n’a jamais su résister , et lorsqu’il a le verre en main, il tiendrait tête à une éponge.

GUILLEKY.

Où est le mal ? La vendange n’est pas mauvaise conseillère, le vin ne fait qu’épanouir sa bonne humeur naturelle, et lorsqu’il a bu un coup de trop, il ne me querelle pas, bien au contraire. C’est maître Brid’oie qui se colère sans boire et qui pousse la mélancolie jusqu’à la brutalité. Fi ! les jaloux!

GUILLEMETTE

Où est le mal, ma chère? on n'est pas jaloux sans amour, et j’aime mieux être battue que dédaignée.

ISABEAU

Pour ce qui est des coups, c’est une monnaie que je donne et que je ne reçois pas.

GUILLEMETTE

Nous avons de bons maris.

ISABEAU

Ah ! si jamais le mien faisait comme les autres, et si je le prenais sur le chemin du Pré-Gaillard!...

guillemette, étourdiment.

Moi, j’ai une vengeance toute prête.

ISABEAU

Je parie que votre vengeance porte des bottes.

GUILLEMETTE

Oh! madame! •

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