ACTE n, SCÈNE V
brid’oie.
Ma femme !
TRUPHÊME.
Eh ! non , la mienne.
brid’oje.
Dame Isabeau?
TRUPHÊME.
Non, dame-jeanne. Mais qu’est-ce qu’il a?
Veux-tu bien ne pas me regarder comme ça , tu troubles ma digestion.
brid’oie.
Avez- vous vu ma femme ?
TRUPHÊME.
Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse? C’est bien assez de voir la mienne. Tu as donc perdu ta femme , mon doux ami ?
brid’oie.
11 est ivre, le malheureux, je n’en tirerai rien.
TRUPHÊME.
Tu dis des choses incohérentes.... quand on est ivre on n’est pas malheureux. Ivre-toi , tu seras content. Bois,- tiens! je ne suis pas jaloux ; c’est toi qui es un tigre de jalousie.
brid’oie.
Truphême, mon voisin, ma femme a des rendez vous.
GDILLERY.
TRUPHÊME.
Alors, c’est qu’elle te trompe.
brid’oie.
Oui.
TRUPHÊME.
Qu’est-ce que cela te fait ? Tout le monde est trompé. Moi, mes commis me trompent, mes correspondants me trompent; toi, ta femme te trompe : c’est le commerce.
brid’oie.
Figurez - vous qu’en rentrant chez moi , je trouve un billet doux.
TRUPHÊME.
Chez toi ?
brid’oie.
Non , par terre , sur la place.
TRUPHÊME.
Avec l’adresse de ta femme?
brid’oie.
Non , sans adresse ; mais c’était pour elle. On disait : « A l’auberge de Nanterre. »
TRUPHÊME.
On y fait des gâteaux.
brid’oie.
Je cours à Nanterre , trois lieues à pied !
TRUPHÊME.
As-tu vu la Rosière ?