‹ Théâtre inéditChapitre 135 sur 246 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

TIBURCE

C'est une farce que je veux faire àBrajoux.,

MAX

Brajoux?

TIBU RCE.

Biaise Brajoux, le fils du fermier des Saules. Il doit lui tomber ce soir, du coche, une cousine de Paris. Dix-sept ans ! Brajoux a eu l'imprudence de le dire devant moi dimanche. Alors, l'idée m'est venue de m'amuser un peu. Oh! chastement. La ferme des Brajoux est à quatre lieues de Saint-Privat où passe le coche; la mère est impotente et le père est trop fatigué de sa journée pour ne pas se coucher de bonne heure; c'est donc Biaise qui est venu au devant de sa cousine. Dans ce moment, il est attablé avec des amis à l'auberge de Saint-Privat. J'étais invité ; l'arrivée de ton père m'a été un prétexte de m'excuser et d'écrire que j'irai dans la soirée si je peux m'échapper un moment. Maintenant, je vais aller en carriole à la rencontre du coche; je prends Cécile — t'ai-je dit qu'elle s'appelle Cécile? — Je la dépose ici en passant, dans tes bras, je continue ma course ventre à terre, j'arrive à Saint-Privat une demi-heure avant le coche, je suis reçu par Brajoux avec reconnaissance et ivresse, et je jouis de son effarement quand, le coche arrivant, il trouve sa cousine dénichée ! Telles sont mes joies.

MAX

Tu dis : Je prends Cécile. Si elle y consent!

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