‹ Théâtre inéditChapitre 148 sur 246 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

La preuve que ce n'est pas pour vous entraîner ailleurs, c'est que je vous conseille de rester ici.

CÉCILE

Ici!

MAX

Pour quelques heures ser.Iement. — Quand vous pourriez arriver à l'auberge, votre cousin n'y serait plus. Il va vous demander au coche, on lui répondra que vous êtes descendue depuis deux lieues. Il se dira qu'il y a eu un malentendu et que vous vous êtes fait porter chez sa mère. Il y courra. Vous ne le trouverez plus à l'auberge.

CÉCILE

Je trouverai toujours l'auberge.

MAX

Et dans l'auberge celui qui vous a amenée, qui y est maître, qui y soupe, qui y boit...

CÉCILE

Lui!

MAX

Au lieu qu'ici, lorsqu'il reviendra, j'y serai. — En juin, le jour arrive promptement. Dès l'aube, avant que personne soit levé, je vous conduirai à une ferme où vous entrerez seule et où vous trouverez, une carriole et un petit garçon qui vous porteront chez votre tante. Elle vous demandera d'où vous venez. Vous lui direz la vérité — que quelqu'un — que vous ne

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connaissez pas — s'est donné pour votre cousin; qu'on vous a prévenue; que vous avez frappé à la première porte; qu'au matin on vous a indiqué une ferme où vous avez trouvé une voiture. Un seul être saura que vous êtes entrée ici. Je me charge de le faire taire.

CÉCILE

Monsieur, vous ne me connaissez pas. Celui qui m'a menti est votre camarade, puisqu'il vous tutoie et qu'il a cru pouvoir compter sur vous. Je ne m'explique pas pourquoi vous prenez contre un camarade le parti d'une étrangère.

Parce que la camaraderie finit où finirait l'honnêteté.

CÉCILE

Monsieur, je veux croire que vous n'avez pas d'arrière-pensée en me conseillant de rester ici...

MAX

Si j'avais une arrière-pensée, je n'aurais eu qu'à me taire. Vous entriez.

CÉCILE

C'est vrai. — Pardonnez-moi d'avoir eu un moment de défiance. Mais je vais vous dire, je suis seule au monde. Mon père est mort. Je n'ai pas connu ma mère. Je n'ai pas de frère. Je dois me défendre plus qu'une autre, n'ayant personne pour me protéger. Mais il est dans ma nature de croire plus aisément au bien qu'au mal, et j'aimerais mieux me nuire que de répondre à un .service par une injure. Vous me

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