‹ Théâtre inéditChapitre 158 sur 246 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

TIBURCE, BRAJOUX, caché.puis NOËL.

TIBDRCE,

Encore dans le cabinet! (ii entre.) Je n'ai pas trouvé Max. Mais cette fois il va falloir qu'elle m'ouvre.

(Il Tient gratter à la porte du cabinet.) VoyOnS, Cécile ! C'cSt mOi,

votre cousin, Biaise Brajoux. Cécile! ma cousine! Voyons, vous n'allez pas continuer votre plaisanterie de tantôt. Venez. — Non? C'est un parti pris? — Ah çà, est-ce que vous me soupçonnez de ne pas être votre cousin? Eh bien, ma foi, tant pis! Vous avez raison. Vous êtes moins bête que Brajoux. Je peux vous le dire maintenant, c'est une farce que je lui ai faite. Elle est drôle, n'est-ce pas? Puisque je ne vous trompe plus, venez. Tenez, je vais vous faire rire, et vous serez désarmée. Votre vrai cousin, en voilà un

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imbécile! Non, je ne le suis pas, je m'en vante. Rien que d'avoir été ce Brajoux un moment, j'ai envie de me secouer. Hou! hou! Quel crétin! Figurez-vous qu'en vous quittant, j'ai couru à son auberge. Il y dînait depuis trois heures. Quand le coche est venu^ je ne me suis pas montré, mais de derrière un volet, je guettais! Il vous a demandée poliment au conducteur, lequel lui a e.\pliqué que vous étiez descendue en route. — Descendue en route! — Oui, parce que son cousin est venu au-devant d'elle. — Quel cousin? — Dans une carriole. — Quel cousin? — Je ne sais pas, moi. L'n nommé Biaise Brajoux. — Biaise Brajoux, c'est moi! — Farceur! — Farceur? — Il a appelé en témoignage l'aubergiste. — Oui, c'est Biaise Brajoux. — Eh bien, vous êtes deux, a dit le conducteur ; mais j'aimerais mieux être l'autre, car la fille est jolie. Et, bonsoir, il est remonté sur son siège. Mais Brajoux s'est jeté à la bride des chevaux. — Ma cousine! Tu ne passeras pas sans que je sache ce que tu en as fait ! — Ah bah! — Là-dessus, clac! un coup de fouet en plein visage, les chevaux qui partent, Brajoux qui roule, je l'ai cru sous les roues. Je l'ai ramassé. Il m'a confié ses peines. J'ai été gentil, je lui ai dit : Cherchons-la ensemble. 11 m'a dit : Vous êtes un ami, vous. Nous nous sommes mis en chasse. Je le dirigeais. Si vous nous aviez vus cogner aux maisons isolées, et les gens réveillés en sursaut, qui apparaissaient aux fenêtres, effarés et furieux. — Qu'est-ce que vous voulez? Je répondais : — Des nouvelles de sa cousine. — Ivrognes! et la fenêtre se refermait avec rage. Plusieurs nous ont pris pour des

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