ACTE DEUXIÈME. 2io
cieuses. Un mot peut tout perdre, et ce serait fini. Permettez-moi d'être brutal.
LE DDG.
Vite !
NOËL
Celui qui est sur ce lit est mort. Je suis un peu chirurgien, vous savez. Le pouls ne battra plus. Celui qui est là est mort.
LE DOC
0 mon Dieu !
NOËL
Mais qui est-ce qui est là? Faites venir qui vous voudrez, tout le château, tout le village, ei demandez à tous comment le mort s'appelle. Tous vous répondront que c'est Tiburce Bue. Si vous voulez que ce soit Max de Chabris, c'est vous qui tuez votre fils.
LE DDG.
Je ne vous comprends pas.
NOËL
Dans ce moment, vous êtes tout à votre désespoir, l'homme disparaît dans le père, c'est bien naturel Mais transportez-vous à un an d'ici, et voyez ce malheur à distance. Qu'aurez vous perdu? D'abord, un fils, sans aucun doute, — et ensuite, ce que ce fils vous valait. Vous me disiez hier soir que ce fils vous était nécessaire pour accomplir une chose considérable. Je vous ai demandé la permission d'être brutal. Dans un an, qui est-ce qui souffrira le plus en vous, du père détruit ou du ministre manqué?
246 NOËL
LE DDC.
Noëll
NOËL
Hier, votre fils était surtout pour vous l'outil de votre fortune. Allez-vous vous mettre à être père juste à rinstant où vous n'avez plus de fils? Et d'ailleurs, vous perdriez votre fortune, cela ne vous rendrait pas votre enfant.
Où voulez-vous en venir?
NOËL
A ceci : — Nous avons chacun un papier dans notre poche. Brûlons-les tous deux, et alors, qui enterrera-t-on? Votre fils? Non, le mien.
LE DUC
Misérable! c'est toi qui as assassiné mon fils!
NOËL
J'arrivais. J'ai entendu un cri. Je suis accouru. Un homme s'enfuyait par cette fenêtre. Vous voyez qu'elle est encore ouverte. J'ai appelé. Valentin vous le dira.
LE DDC.
Jure-moi que tu n'es pour rien dans le meurtre.
NOËL
Si je n'avais pas reculé devant un meurtre, croyezvous qu'un serment m'arrêterait?
LE DUC
Tu hésites?