SCÈNE II
NOËL, LE DUC
LE DUC
Eh bien, il n'est pas ici?
NOËL
Il va venir.
LE DUC
Vous verrez qu'il ne sera pas ici quand M"^ de Savenay arrivera. Depuis trois semaines que nous sommes à Paris, je vous laisse faire, mais c'est le dernier jour.
NOËL
Il fera ce que nous désirons.
Je le souhaite. S'il résistait...
NOËL
11 ne résistera pas.
LE DUC
J'ai consenti à ce que vous avez voulu. Je n'ai pas même examiné vos raisons. Vous m'avez dit, je crois, que vous redoutiez sa sauvagerie, que vous craigniez de le brusquer, de le rendre hostile à ce mariage nécessaire en le lui présentant comme une chose faite sans lui. Parce qu'il vous a dit qu'il voulait se marier lui-même, choisir sa femme, je ne sais plus quoi.
252 NOËL
Vous avez préféré qu'il vît M"« de Savenay sans se douter de rien, qu'il allât à elle tout seul, que ce fut lui qui me la demandât. Aujourd'hui encore je consens à votre idée, mais tâchez qu'elle réussisse. J'ai épuisé ma patience, et il y aurait imprudence de sa part à rien ajouter à ce que j'ai contre lui.
NOËL
Qu'avez-vous contre lui?
LE DOC
L'autre.
NOËL
Vous ne croyez pas que l'autre ait été frappé par luil
LE DUC
Par lui, non. Pour lui.
Ce que vous m'avez dit dans le premier moment n'a pas tenu contre l'évidence, puisque le soir même vous avez fait arrêter un certain Brajoux.
LE DUC
On l'a relâché sur la preuve qu'ils s'étaient quittés, une heure auparavant, à l'auberge de Saint-Privat, très bons amis. Vous-même avez dit que vous ne le reconnaissiez pas pour l'homme que vous aviez vu s'enfuir.
NOËL
Je l'aurais reconnu si j'étais le coupable.
LE DDC.
A moins que vous ne soyez le complice. — Faites