ACTE PREMIER
Pas même.
LE COMTE
Comment?
SWORD
En m'approchant, je me disais : « Es-tu Heureux, Sword! tu vas voir... » Ah bien! Une vertu! Je me suis assommé. Des plirases. Je te voue Mon âme! Peuh! Pas même un baiser sur la joue! En parlant, on croirait qu'elle l'aime d'amour. Mais, bail! Tout aurait pu se passer en plein jour! La chasteté qui cause avec la politesse! Va te... — Je suis sorti de là plein de tristesse.
LE COMTE
Oh! mais si c'est ainsi, rien n'est désespéré,
Je ne renonce pas! Je la veux! je l'aurai!
— Oh! songer qu'elle est là, que son souffle se mêle
A l'air que je respire! Oh! — Mais, pure comme elle
L'est, pourquoi se voient-ils en secret?
SWORD
C'est ici Que la chose devient intéressante! — Si Milord veut se venger, l'occasion est double.
LE COMTK.
Va donc !
SWORD
D'où vient qu'ils ont besoin de l'heure trouble? Savez-vous ce que c'est que l'homme au brun manteau?
32 FORMOSA
LE COMTE
C'est?...
SWORD
II est à Londre incognito.
LE COMTE
As-tu dit le duc Jean?
s WORD.
Oui, derrière un branchage, J'entendais tout. L'amour n'étant qu'un rabucliage, lis se sont raconté — ce qu'ils savaient. Il est Ici depuis un mois; son parti l'appelait; H se cachait d'abord de peur de la rancune D'Edouard, dont, en somme, il a fait l'infortune. Puis, Edouard en fuite, il s'est caché pour vous. Je ne sais plus quel lord, qui le sert en dessous, Lui donne asile. C'est chez ce lord que s'est faite Leur amitié, qu'il a voulu tenir secrète De peur de refroidir ceux de ses lords à qui Leurs femmes ont donné des filles.
LE COMTE
Encor luil Le duc Jean!
SAVORD.
Il viendra dans un moment peut-être, Car il fait nuit.
Tout à coup ses yeux so fixent dans l'obscurité.
Tenez. Je crois le reconnaître.
Oui, ce doit être lui qui reste sans marcher Et que notre présence empêche d'approcher.