SCÈNE I
LE COMTE, seul.
Oh ! que contre un regard on est mal affermi!
Ceux à qui l'on dirait que je n'ai pas dormi
Et qu'avant le matin je marchais sur ces pierres
Croiraient que ce qui tient ouvertes mes paupières
C'est l'intérêt public, et le choix de leur roi,
Et, si je choisis Jean, l'ex-reine contre moi.
Et toute l'Angleterre à la guerre poussée :
Ah! quel étonnement, s'ils voyaient ma pensée,
D'y trouver pour souci, pour combat furieux.
Pour armée et pour peuple — une fille aux grands yeux!
Oui, rien qu'elle! Elle a pris mon âme. Oh! prends-la toute
Quoi ! parce qu'une femme a passé sur ma route,
Une femme qu'alors je ne connaissais pas.
Qui pour moi n'était pas, sans qui j'ai jeté bas
Ilenri-six, vu par tous ma volonté servie,
Lutté, vaincu, souffert, qui n'est rien dans ma vie.
Elle passe, et ma vie est ce qu'elle voudra!
Je sens sous le regard dont elle m'enivra