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EXETER, LE MAJORDOME

EXETER

L'ai-je Bien entendu? Le droit de fief noble aux bourgeois

6 FORMOSA

Si vous êtes contents! On a vu peu de rois Faire aux ambassadeurs cet accueil magnanime!

LE MAJORDOME

Le don de ces marchands n'est qu'un détail minime

Du fier empressement dont la France a reçu

Le comte de "Warwick. Aussitôt qu'on a su

Qu'il allait s'embarquer, le roi Louis onzième

A commandé qu'il fût traité comme lui-même,

Et, pour que notre approche eût plus grande façon.

Envoyé dès Ilonfleur des gens de sa maison;

Puis, voulant nous laisser moins de chemin à faire,

Il est venu de Tours! Notre entrée en rivière

A commencé le branle, et tous les riverains

Se sont précipités en honneurs souverains;

Le roi s'est dérangé pour nous jusqu'à la Bouille!

Arrives à Rouen, tout un peuple qui grouille,

Le corps de ville en rang tout entier sur le port

Et le clergé chantant nous ont conduits, d'abord

A l'église tendue ainsi qu'aux grandes fêtes

Et splendide de feux, puis, les prières faites,

Ici, dans le couvent des Jacobins, car c'est

Le logis que toujours le roi se choisissait

Et que dès lors^il donne à l'ambassade anglaise;

Quant à lui, voulant voir le comte tout à l'aise,

Il a pris la maison d'à côté; puis, trouvant

Qu'il ne le voyait pas encore assez souvent,

Il a fait jeter bas ce mur, et pour clôtures

Les deux amis n'ont plus entre eux que ces tentures.

Et, même avant le jour parfois se visitant.

C'est à peine s'ils sont l'un sans l'autre un instant.

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