‹ Théâtre inéditChapitre 51 sur 246 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LE COMTE, FORMOSA, LE DUC JEAiN, caché.

FORMOSA

Je ne sais Ce que, dans le malheur qui venait me confondre, Mon désespoir a pu ce matin vous répondre, Je n'étais que souffrance, et je n'ai vu d'abord Que ce que je perdais en un instant, la mort De ce qui me restait, tout mon cœur en poussière. Je n'ai pas vu combien toute autre serait fière En voyant le grand lord Warwick à ses genoux.

Que vous qui décernez les couronnes, que vous Dont une nation est tombée amoureuse, Vous m'aimiez jusqu'à cette ofl're prodigieuse De donner pour m'avoir un royaume ! j'en suis En tout cas honorée, et, comme je ne puis Vous accepter, du moins je tenais à vous dire De vive voix l'orgueil que cet amour m'inspire.

LE COMTE

L'orgueil est pour celui qu'élira votre choix. Mais qu'est-ce que l'orgueil? Madame, je vous vois Comme, après la chaleur d'une route âpre et sèche, Le voyageur poudreux voit une source fraîche. Les victoii'CP, le bruit dont on est escorté. Les princes suppliants, c'est pour la vanité; Mais ces ambitions, dont je fus trop avide, N'emplissent que la tête et le cœur reste vide. J'ai tant lait et défait de rois que j'en suis las. Si vous saviez, je peire ce que je veux, hélas! Je suis rassasié. J'ai bu jusqu'à la lie Ce pouvoir insolent qui touche à la folie, Et l'accueil triomphal, et la foule tonnant En acclamations sous mes pieds. Maintenant, Mon acclamation triomphale et suprême.

Ce serait votre voix disant tout bas : « Je t'aime! »>

FOUMOSA, à part.

11 me laisse écouter cela!

Au coin le.

Tout en sentant L'honneur d'être l'objet de ce choix éclatant,

Page 1