ACTE QUATRIÈiME
Elle m'en veut. De quoi? Mais quand on souffre, il est
Bien permis d'être injuste. Oh! mais je veux qu'elle ait
Celui qu'elle aime! Moi, d'abord, je le refuse.
Oui, mais il va falloir que je donne une excuse
A mon oncle, un motif. Que le duc me déplaît?
Que je le trouve gauche, insupportable et laid,
Que je veux un mari que j'estime et que j'aime?
Il me rappellera qu'hier, ici, moi-même,
Je l'ai trouvé très bien. Car c'est vrai, j'ai pris soin
De m'engager! J'avais, n'est-ce pas, bien besoin
De dire que le duc est royal et qu'il brille
A cheval ! Comme c'est convenable une fille
Qui vante la beauté d'un homme! Je devais.
Au nom du duc Jean, — mais est-ce que je savais? —
N'importe, par pudeur, ne pas même sourire;
Je devais être très indiflérente, et dire :
« C'est le duc? «mais j'ai dit: «C'est le duc! » J'ai grand'peur
Que mon oncle, à présent, ne prenne un air moqueur.
Et puis, sévèrement : « Les unions princières
Intéressent le sort de nations entières
Et suivent d'autres lois que le flux et reflux
D'un caprice d'enfant qui veut et ne veut plus. »
La situation est bien embarrassante.
Oh! malgré tout, il faut que mon oncle consente I
— Le voici. Mais quelqu'un l'accompagne. (1 vaut mieux
Attendre qu'il soit seul.
Elle s'éloigne.
g6 FOHMOSA.