ACTE PREMIER
Un malheur n'est pas une faute.
JORGAN.
Une maladresse est une faute pour un garde-chasse. Il m'a servi, je Tai paj^é, qu'il s'en aille. Vous ne me demandez sans doute pas de laisser mon bois à un homme qui ne peut plus tirer un coup de fusil.
11 a son fils.
JORGAN.
Un enfant!
MARCELLE
Déjà fort et sachant le métier. En attendant qu'il ait l'âge de remplacer son père tout à fait, on pourrait leur adjoindre...
JORGAN.
Assez. Quand même ce que vous rêvez ne serait pas impossible, je n'ai pas coutume de récompenser la désobéissance à mes ordres. J'avais commandé que cet homme fût parti vendredi.
MARGE LLE
C'est moi qui l'ai autorisé à rester.
JORGAN.
Aussi, est-ce à vous que je refuse de le garder. Que voulez-vous que devienne le respect de mes gens si ma femme leur donne l'exemple de la révolte? Je suis bien aise de voir ce qu'on fait de ma volonté en mon absence. On s'entend avec ceux que j'ai mis
à la porte pour me les faire garder de force! Et lorsque je reviens, on me demande de ne pas troubler
cette conspiration contre moi! (a Bertrand qui regarde par
la fenêtre.) AUOUS dOUC, VOUS!
Depuis un moment, des paysans qui passaient se sont arrêtés, puis des promeneurs, peu à peu, il y a foule.
Monsieur, ne faites pas cela. Nous ne sommes pas seuls.
JORGAN.
Ah! le village. Raison de plus pour me faire respecter.
Bertrand et les domestiques apportent une malle, un paquet de linge, deux fusils, etc.
MARCELLE
Monsieur, je vous en prie, — pour vous.
JORGAN.
Merci.
JIÎRÔME, à Jean.
Mon pauvre enfant, que vas-tu devenir? Personne ne me recevra dans l'état où je suis.