EN TROIS ACTES, EN PROSE
i Représentée pour la première fois par les Comédiens Italiens ordinaires du Roi , le mardi 14 novembre 1780.
génie, ne les dédaignoit pas. Je me consolerai de n’avoir point de génie, tant que votre amitié m’en tiendra lieu.
Vous savez mieux que moi , M Adame, que l’on pouvoit tirer un plus grand parti de ce conte charmant, où monsieur de Voltaire a peint avec des couleurs si vraies la sottise des parvenus et la bassesse de leurs flatteurs. En admirant son tableau, j’ai senti qu’il étoit au-dessus de mes forces , et peutêtre de mon âge, de le porter sur la scene ; mais l’amour , l’amitié , sont de mon âge, et, j’ose dire, de mon cœur:
je ne me suis attaché qu’à peindre ces deux sentiments ; heureusement pour moi, votre goût a dirigé ma sensibilité.
Tout foible qu’il est , j’ose vous offrir mon premier ouvrage ; il a , du moins, le mérite d’avoir été créé par cet homme immortel que je vous ai vue si souvent pleurer. Souvenez-vous qu’il daigna m’aimer ; souvenez-vous encore que vous m’avez donné la main pour soutenir mes premiers pas. Vous avez contracté l’obligation de toujours m’instruire, comme moi celle de toujours vous chérir.
Je suis avec respect,