‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 100 sur 108 · ACTE II, SCENE II. t<?J · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II. t<?J

LA ÏÉE,

Il est difficile peut-être De le bien définir ; il change à tout moment.

Presque toujours c’est un pays charmant;

Tout le monde est heureux ou cherche à le paroître : On se déteste un peu, mais c’est si poliment !

On s’embrasse sans se connoître,

On se détruit l’un l’autre doucement.

Parents , belles, amis, tous n’ont qu’un sentiment. C’est de se supplanter en secret près du maître.

BLANCHE

Mais quand le prince enfin m’aura donné sa foi Par le plus brillant hyménée ,

Quelle sera ma destinée ?

Vous le savez.

LA FÉE

Sans doute ; écoute-moi:

Une jeune et belle princesse Ne fait rien qu’avec dignité;

Le respect l’entoure sans cesse Pour tenir bien loin la gaîté.

L’étiquette doit la conduire;

iç6 BLANCHE ET VERMEILLE.

Car , sans elle , point de grandeur :

Si la princesse veut sourire , il faut l’avis de la dame d’honneur.

BLANCHE

Mais cependant...

LA FÉE

Viens en juger toi-même.

Partons.

BLANCHE

Quand je serai dans cette gêne extrême»

Si par hasard j’allois me repentir D’avoir quitté...

LA FÉE

Qui donc ?

BLANCHE

Ma sœur et mon village..»

LA FÉE

Eh bien?

BLANCHE

Pourrois-je revenir ?

LA FÉE

Non, la grandeur est un noble esclavage Dont on ne peut jamais sortir.

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