‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 13 sur 108 · LA MARQUISE, LE MARQUIS, DURVAL · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE MARQUIS, DURVAL

LE MARQUIS

Bon jour, ma mere. Je viens d’acheter le plus joli cabriolet du monde :

s’il m’étoit resté de l’argent, j’aurois pu avoir le plus beau cheval de Paris ; mais les barbares n’ont pas voulu me faire crédit.

LA MARQUISE

Mon ami, j’ai à te parler d’affaires sérieuses.

LE MARQUIS, riant.

Vous m’effrayez , ma mere.

LA MARQUISE

Serois-tu bien aise d’être colonel?

LE MARQUIS

Colonel 1 Ce seroit le bonheur de

sS JEANNOT ET COLIN.

ma vie. J’aurois tant de plaisir à rejoindre mon régiment ! le manege, les manoeuvres, tout cela doit être charmant. On passe l’été dans une ville de guerre; l’hiver, on revient à Paris jouir des plaisirs de la capitale : on a l’air de se reposer; et l’on s’est toujours diverti.

LA MARQUISE

Eh bien ! tu connois la comtesse d’Orville ; j’ai arrêté ton mariage avec elle. (Le marquis rêve. ) Elle se charge de t’avoir une compagnie de dragons dès aujourd’hui, et la promesse d’un régiment aussitôt que tu auras l’âge.

Voilà nos conditions ; j’ai répondu de ton aveu.

Ah! quelle mere vous avez, monsieur le marquis !

LA MARQUISE

A quôipensez- vous donc , mon fils £

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