SCENE XI
LE MARQUIS, LA MARQUISE, DURVAL
LA MARQUISE
C’est pour dîner avec toi, et pour causer de nos affaires : afin de n’être point dérangés , je vais faire fermer ma porte. . . A propos , j’oubliois de te parler d’une visite que je viens d’avoir, et que tu auras sûrement.
LE MARQUIS
Qui donc?
LA MARQUISE
Devine.
Comment voulez -vous que je de-
ACTE T, SCENE XI. 3i fine? Ce ne sont pas encore les officiers du régiment que j’aurai?
LA MARQUISE
Non : c’est Colin et Colette.
LE MARQUIS, ému.
Colette?
L*A MARQUISE
Oui : Colin et Colette d’Auvergne; cette petite Colette dont tu me parlois tant dans les commencements de ton séjour ici.
LE MARQUIS
Ils sont à Paris?
LA MARQUISE
Eh oui : je les ai vus. Quel air as - tu donc? Cela t’attriste?
LE MARQUIS
Non , ma mere. Vous ont- ils parlé de moi?
LA MARQUISE
Beaucoup : ils t’appellent leur cher ami.
DÜRVAL.
Oserai-je demander à madame la marquise ce que c’est que ce Colin et cette Colette?
LA MARQUISE
Colin est un petit bourgeois qui venoit profiter des maîtres de mon fils lorsque nous habitions l’Auvergne...
Mais madame d’Orville arrivera de bonne heure ; il est temps de vous habiller, mon fils : je vous laisse. Monsieur Durval, voulez -vous me rendre un service ? J’ ai des papiers in téressan ts que mon procureur devoit venir prendre : allez le voir, je vous en prie ; vous les lui porterez. Je vous demande pardon si...
DURVAL.
Madame, en m’employant pour vous, c’est m’obliger à la reconnois-
sance.
(Ils sortent.)