SCENE VI
LE MARQUIS, LA MARQUISE
LE MARQUIS
M a mere, je vous respecte, je vous honore ; mais vous me percez le cœur,
52 JEANNOT ET COLIN, mais vous vous dégradez vous-même.
Eh ! de quel droit osez -vous mépriser mes amis, mes égaux, les vôtres? Quels sont vos titres , ma mere? Leur naissance vaut la mienne, etleur cœur vaut mieux que le mien.
LA MARQUISE
Est- ce vous qui parlez, mon fils?
Est- ce bien vous qui osez?...
LE MARQUIS
Oui , ma mere , j’ose vous dire que vos richesses ne sont rien , et que je les abhorre si elles m’ôtent le droit de disposer de moi-même.
LA MARQUISE
Je t’entends : le voilà ce mystère que je craignois de découvrir. Que vous étiez bien né pour l’état vil d’où ma tendresse vous a tiré ! vous en avez toute la bassesse. Vous aimez Colette, j’en suis sûre ; vous rougissez de me le dire ; mais...