‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 32 sur 108 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LA COMTESSE, DURVAL.

LA COMTESSE

O u’est-ce donc, monsieur Durval, que cet homme de loi qui vient de demander la marquise et son fils? Auroit- elle un procès ?

DURVAL.

Non, madame ; c’est une discussion fort peu intéressante, une affaire de rien : soyez sûre que madame la marquise n’est occupée dans ce moment que du bonheur de vous avoir pour sa fille.

LA COMTESSE

J’espere que ce mariage fera ma fé-

6a JEANNOT ET COLIN,

licite. Cependant je suis bien mécontente du marquis; lui que j’ai toujours vu d’une gaieté charmante, il est d’un sérieux qui me glace ; il a l’air de m’épouser malgré lui. Je vous assure que, sans mon extrême amitié pour sa mere, je retirerois ma parole.

11 faut pardonner à son âge une timidité que vous prenez pour de la froideur. Son respect pour vous gêne ses sentiments; il n’ose pas encore vous dire qu’il vous aime, et il est distrait par le plaisir de le penser.

LA COMTESSE

J’ai bien peur, monsieur Durval, que vous n’ayez besoin de tout votre esprit pour le défendre.

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