ACTE r, SCENE II. i
À peine y a-t-il un an qu’il nous a quittés ; il faut plus d’un an pour corrompre un cœur honnête.
COLETTE
L’amourauroit dû préserver le sien:
mais il ne m’aime plus , j’en suis sûre. Te souviens-tu de la maniéré dont il me quitta, lorsque sa mere l’envoya chercher en Auvergne? Comme il fut enivré de sa nouvelle fortune , et d’entendreses domestiques l’appeller monsieur le marquis! Il nous dit adieu presque sans pleurer; il monta dans sa brillante voiture sans retourner la tête vers moi, que tu soutenois à peine, et dont les yeux le suivirent.... même quand je ne le vis plus. Mon frere, il a oublié la malheureuse Colette; il ne pense plus aux serments que nous nous sommes faits de n’être jamais que l’un à l’autre; serment qu’il a écrit, que je conserve , et que je lui rendrai :
14 JEANNOT ET COLIN, ces écritures-là perdent tout leur prix quand on ne les lit plus ensemble.