H LE BAISE K
Ne dit -il pas aussi, ma mere.
Qu’avant tout il faut nous unir?
Oui , votre hymen est nécessaire.
Mais puis -je compter qu’Alamir Observera la loi sévere Que le destin...
Recevez -en mafoi.
D’ailleurs , maman , comptez sur moi ï Je vous réponds de tout.
Rien ne sera pénible »
Puisqu’il s’agit de mériter sa main.
Mais, ma mere , Phanor doit revenir demain*
S’il revenoit ce soir, il seroit impossible De nous unir.
Je le voudiois en vain.
Que nous conseilles- tu, Zélie?
Moi , je m’en fie à vous » vous saurez tout prévoir
ACTE 1, SCENE IL Je crois pourtant que le génie Pourroit bien arriver ce soir.
Allons, mes enfants , je suis prête A conclure un hymen objet de vos souhaits.
Mais il nous faut du moins quelques apprêts. Des fêtes...
Non , ma mere , il ne faut point de fête Quand on est au jour du bonheur;
Un mot suffit à notre cœur.
N’attendez pas les flambeaux d’hyménée Pour nous unir tous deux d’un lien éternel.
Ah ! pour tenir la foi que l’amour a donnée ,
On n’a pas besoin d’un autel.
Non, mon fils; c’est aux yeux de ma cour réunie. Que vous vous promettrez un amour immortel :
Le jour le plus beau de la vie Doit être le plus solemnel.
[à sa suite. )
Préparez leur hymen; que ma cour rassemblée Soit dans ces lieux témoin de leurs serments, ït puissent -ils jouir dans ces heureux moments
Il 6 L E B A I S E R.
D’une félicité qui ne soit point troublée î
Ah ! pour la mieux sentir, nos âmes sont d’accord.
ALAMlR,àîfl mere très vivement.
Vous qui me connoissez, jugez de mon transport.
1 Heureux par vous , heureux par elle , Toujours aimé, toujours fidele.
Vous chérir , l’adorer , et vivre pour vous deux. Voilà mon sort, voilà mes vœux.
A l’amour comme à la tendresse Je saurai donner tout mon cœur;
Entre vous deux j’ignorerai sans cesse Qui fait le plus pour mon bonheur.
De ma mere ou de ma maîtresse.