‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 87 sur 108 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

De toujours aimer ,

De toujours charnier L’objet qui m’engage ;

Dans un bon ménage ,

De passer mes jours Avec les amours ,

La douce gaîté Et la liberté !

VERMEILLE

Ah ! te voilà, Lubin ! Je pense au mariage Qui doit bientôt m’unir à toi.

LUBIN

Tu dis toujours b i en tôt, ma Vermeille ; j’enrage Ne m’as-tu pas donné ta foi ?

Orpheline à vingt ans , maîtresse de toi-même , Pourquoi ne pas en profiter ?

Quand une fille a dit , o u i , j’a imi,

Un oui de plus ne doit pas lui coûter.

VERMEILLE

Je suis de ton avis ; mais l’ordre de ma mere Nous a prescrit de ne rien faire Sans consulter la fée : il faut suivre ses loix.

Tu sais que cette fée , aussi bonne que sage ,

Prit soin de nous dès notre premier âge;

Elle nous a redit cent fois :

Mes filles , mon bonheur nedépend que du vôtre: « J’accomplirai toujours votre moindre souhait ;

« Et le prix de chaque bienfait es Sera l’engagement d’en recevoir un autre, »

LUBIN

Eh bien! voici l’instant de demander Lubin.

VERMEIL L E

Je compte aussi l’aller trouver demain.

LUBIN

Pourquoi pas aujourd’hui ? Sais-tu bien , mon amie > Que nous perdons à réfléchir Au moins les trois quarts de la vie?

On balance long-temps avant que de choisir :

Souvent on choisit mal; on se repenr, on change;

On trouve enfin ce qu’il faut à son cœur.

On perd encor du temps ; et puis , quand on s’arrange A peine reste-t-il quelques jours de bonheur.

VERMEILLE

Je pense comme toi , mais sans être si vive;

Et je veux, avant tout, en parler à ma sœur.

LUBIN

Il faut bien que Blanche noiïs suive

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