‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 113 sur 113 · VAUDEVILLE · texte numérisé non relu

VAUDEVILLE

ARLEQUIN cadet, à Nérine.

La foi que vous m’avez promise ,

Ne la dois -je qu’à votre erreur?

Trop souvent c’est une méprise.

Lorsque l’on croit être au bonheur.

Dissipez ma fr ayeur extrême En me promettant de nouveau Que vous m’aimerez pour moi -même,

Et non pas comme son jumeau.

NÉRINE

Eloignez de vaines alarmes ,

L’hymen unira nos deux cœurs :

D’un rival vous avez les charmes,

Mais vous n’aurez pas ses rigueurs.

Pour fixer mon ame incertaine ,

L’Amour me prête son flambeau;

A l’aimer je perdis ma peine.

Vous ne serez point son jumeau.

ARLEQUIN, à Rosette.

Souviens -toi bien de l’imposture Qui pensa faire mon malheur :

En amour la moindre piquure Blesse profondément le cœur.

Si jamais un amant fidele.

Brûlant d’un feu toujours nouveau,

Te jure une ardeur éternelle, Prends-y garde, c’est mon jumeau.

R O S E T T E , au cadet.

Mon ami, devenez mon frere.

L’amitié vaut bien les amours ;

Et si votre sœur vous est chere ,

Je vous reconnoîtrai toujours.

(à Arlequin. )

Je devois me laisser surprendre, L’Amour n’a- 1- il pas un bandeau?

Si mon cœur a pu se méprendre ,

Ce n’étoit qu’avec ton jumeau.

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