‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 19 sur 113 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

s C A P I N , riant.

J’ai vu tout cela , mademoiselle j’étois au coin de la rue lorsque vous avez fermé votre fenêtre sans vouloir l’entendre. Mais parlons de quelque chose qui m’intéresse davantage : vous savez bien la promesse que vous m’avez faite tantôt.

ARGENTINE, à part.

Bon. (haut. ) Oui , je vous tiendrai parole ; mais je suis bien aise de m’expliquer auparavant avec vous. Je prends un époux pour être aimée ; ainsi , mon cher Scapin , si vos sentiments pour moi sont bien sincères , j’espere que vous ferez mon bonheur. Grâce aux bontés de ma jeune maîtresse , mademoiselle Rosalba, je suis riche, et je n’exige pas que mon époux le soit; je veux luidonnermon cœuret toutmon bien , et je ne lui demande que son amour. Dites-moi donc bien franche-

58 LES DEUX BILLETS, ment si vous m’aimez et si vous m’aimez uniquement.

Ail! mademoiselle, je voudrois savoir tous les serments possibles pour vous jurer que toute ma vie....

ARGENTINE

Écoutez : je suis méfiante ; en venant ici, vous aviez un papier à la main que vous avez caché avec soin ; je suis sûre que c’est une lettre de femme. Je veux que vous me la donniez , je l’exige, autrement il faut renoncer à moi.

Mademoiselle Violette a bien trouvé un amantqui luisacrifioit mes billets, je veux être aussi heureuse que mademoiselle Violette.

Il me sera difficile de vous satisfaire , car dans tout le cours de ma vie jamais femme ne m’a écrit.

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