ARLEQUIN, ARGENTINE, SC AFIN
ARLEQUIN
Quoi? Qu’y a-t-il? Vous a-t-il volé quelque chose?
ARGENTINE
Non, mon ami; j’ai au contraire rattrapé ton billet. Le voilà : tu es à présent le plus riche de nous deux , et c’est moi dont tu fais la fortune. Et vous, monsieur Scapin, qui me croyiez votre dupe et qui êtes la mienne, je vous exhorte à faire toujours d’aussi bons marchés que celui que vous aviez fait. Mais il faut apprendre à mieux conserver votre bien. Adieu : nous allons nous marier, et jouir de nos richesses.
SCÈNÊ IX.
Si
ARLEQUIN
Ce pauvre diable! il me fait pitié.
Ecoute , Scapin , madame a besoia d’un laquais, si tu veux nous te donnerons la préférence.
ARGENTINE
Ah ! pour cela non. Il n’est pas assez fidele. Adieu , monsieur Scapim Monsieur Pandolfe , le pere de ma maîtresse, retourne à Bergame dans peu de jours. Arlequin et moi nous l’y suivrons. Si vous avez quelque commission à nous donner pour ce pays-là, nous nous en chargerons volontiers :
mais si vous voulez réussir dans celuici, souvenez-vous bien qu’il ne faut jamais brouiller deux amants, parcequ’ils se raccommodent toujours aux dépens de celui qui les a brouillés.
{ Ils sôrtent. )
6i LES DEUX BILLETS.