‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 48 sur 113 · ARLEQUIN, ARGENTINE, LES DEUX ENFANTS · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, ARGENTINE, LES DEUX ENFANTS

ARGENTINE

Vous savez bien que jamais aucun chagrin ne peut me venir par votre papa; au contraire, c’est toujours lui qui les dissipe,

LE CADET

Ah ! le voilà. (Il court à lui.) Venez donc vite , mon papa ; maman pleure, et elle dit que vous seul pouvez la consoler.

ARLEQUIN, les repoussant tout doucement.

Laissez-moi , laissez-moi.

Ah ! mon frere , comme il a du cha-

ii4 LE BON MÉNAGE.

griu ! (Ils se retirent tous deux au fond du théâtre , et y restent pendant toute la scene d’ Arlequin et de sa femme. )

ARLEQUIN

Madame, vous êtes fâchée de me revoir ; je le suis plus que vous : mais, comme j’ai le projet de vous oublier entièrement, je viens vous rendre tout ce qui pourroit me rappeller que nous nous sommes aimés. (Il déboutonne son habit, et ouvre un petit sac qui lui pend au cou. )

Tout est dans ce petit sac; je Pavois mis là, (Il montre son cœur) pOUr que tOUt ce que nous nous étions donné fût ensemble. Je vais vuider le sac devant vous , afin que vous n’imaginiez pas que je garde quelque chose. ( Il tire un portrait. ) Voici d’ abord votre portrait: il n’a pas changé comme vous ; il est toujours joli; il vous ressembloit encore ce matin , mais il ne vous ressemble plus. Le voilà 5 madame, (il le pose

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