‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 6 sur 113 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

la peine que deux honnêtes gens se brouillent.

ARLEQUIN

D’abord , pour que deux honnêtes gens puissent se brouiller , il faut qu’ils soient tous deux honnêtes gens, et...

Ah ! monsieur Arlequin...

ARLEQUIN

Monsieur Arlequin ne vous aime pas : je vous le dis franchement. Tout mon bonheur dépend d’Argentine ; je nesaisrien, jeneveux rien, je nepeux rien que l’aimer : et vous, quivoudriez épouser son argent, vous faites semblant de desirersa personne. Vous lui plairez peut-être plutôt que moi ; car un homme qui n’est point amoureux a toute sa tête pour plaire ; au lieu que moi je n’ai rien. Tout cela me tracasse ; je voiidrois vous savoir loin d’ici.

Mon cher Arlequin , il faut pourtant s’accoutumer aux rivaux : tu es un beau garçon, sans doute; mais il y a des gens courageux que cela n’effraie pas. Il faudroit bien prendre ton parti, si Argentine ne rendoit pas justice à ton mérite.

ARLEQUIN

Je le prendrai , soyez tranquille.

Bon soir.

Où vas-tu donc?

ARLEQUIN

Je vais voir tirer la loterie.

Elle est tirée , il y a plus d’une demiheure. J’ai la liste dans ma poche, voici les numéros 17,20,48,12, 19.

ARLEQUIN

Que dis-tu? Attends. ^11 tire son billet de loterie.) 7 en est-il?

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